CHRONIQUE
100% PÊCHE À LA MOUCHE

Par Mario Viboux

Dans ma dernière chronique, nous nous sommes laissés au beau milieu de cette mise en situation dramatique: une truite de rêve chasse un banc de menés dans une petite anse d’eau calme, de l’autre côté de la rivière, mais il y a des rapides (pocket water) entre elle et vous. La seule façon de lui présenter un streamer et qu’il reste dans la zone payante assez longtemps pour qu’elle le voit, serait un savant repositionnement aérien. Voici donc le secret, mais sachez que cette technique n’est pas utile seulement dans ce cas de figure. Elle est aussi efficace en ¾ amont avec une mouche sèche, «sous la canne» avec des nymphes tout autant que sur le swing avec une noyée. Nous allons revenir sur ces techniques ultérieurement, mais en attendant, voyons la mécanique.

D’abord, on établit sa cible. Ensuite, on lance avec la technique de son choix, «over head» classique, rouler, Spey, «snake roll», bref, le lancer approprié au poste que vous occupez, mais on vise un peu plus haut que normal. Ensuite, tout se joue lors de l’arrêt net sur le lancer avant, lorsque la soie commence à se déployer dans les airs. À ce moment, on abaisse le bras qui tient la canne vers l’amont, tout en laissant filer juste assez de soie entre les doigts pour que la mouche garde sa trajectoire et se pose sur le X. Si on ne laisse pas aller suffisamment de ligne, la mouche sera tirée vers vous et se posera à court. Cependant, si le calcul est bon, la truite aura juste ce qu’il faut de temps pour localiser votre streamer avant que le courant n’entraîne la soie au point de tirer sur la mouche et la fasse disparaître. D’ailleurs, cette combinaison «immobilisme total / départ en catastrophe» s’opère d’elle-même et a le don de provoquer l’instinct du prédateur.

Cela dit, on peut aussi abaisser le bras vers l’aval pour faire swinger sa mouche plus rapidement en ¾ aval. On peut également se servir du repositionnement aérien pour contourner un gros rocher, ou encore pour pêcher des truites qui se cachent sous la berge sans que la ligne se pose sur cette dernière. En fait, il s’agit d’une technique clé à posséder dans votre arsenal. Cela dit, elle peut sembler simple d’un premier abord, voire simpliste, mais ne vous méprenez pas. Il faut beaucoup d’entraînement pour la maîtriser correctement. D’ailleurs, je vous suggère de vous exercer sur votre pelouse aussi souvent que possible et pour ce faire, voici un lien utile: sexyloops.com/carlos/reachcast.shtml

En guise de conclusion, je vous propose ce petit truc: dans la mesure du possible, stoppez la canne aussi haut que faire se peut et abaissez seulement le bout de cette dernière vers l’amont (ou l’aval) plutôt que le bras entier. Cela vous évitera qu’une trop grande quantité de soie se retrouve à l’eau et donc, sous l’emprise du courant. Ainsi, il sera beaucoup plus facile d’exécuter un repositionnement de surface complémentaire et souvent nécessaire. Le mois prochain, nous verrons une autre technique de repositionnement aérien qui vous permet de faire plonger votre offrande avant le balayage, ainsi que quelques suggestions sur le plan du matériel pour être encore plus efficace en ¾ aval.   

Retour en haut